Politique économique et emploi

jeudi 6 mars 2008 par : Christophe Osswald

Mesures validées en assemblée générale le 23 janvier concernant les déplacements. Elles ont servi de base à la rédaction du programme, et plus particulièrement de son chapitre politique économique et emploi, plus concis.

DES EMPLOIS DE QUALITÉ

La municipalité élaborera une charte sociale. Nous définirons une entreprise, une association ou un organisme public comme socialement responsable si il :
- emploie ses salariés en CDI temps plein (ni CDD, ni intérim, ni temps partiel contraint),
- ne fait pas appel à de la sous-traitance pour remplir des tâches qui occuperaient un poste à temps plein,
- est indépendante : elle n’est pas une entreprise à client unique ou très majoritaire, ni une franchise.
- assure pleinement la sécurité sociale de ses salariés et stagiaires (dont doctorants) : santé, chômage, famille et vieillesse,
- fonctionne dans le respect de l’égalité entre homme et femmes à tous les étages de sa hiérarchie, et respecte la réglementation concernant l’emploi de handicapés,
- offre de bonnes conditions de travail (stress, amiante, ... ).

Les candidats aux subventions et appels d’offre de la municipalité ou de la communauté urbaine devront fournir un volet explicitant leur situation par rapport à cette charte. Leurs notes selon ses critères seront utilisés pour sélectionner le mieux-disant dans un

appel d’offre

, et pour définir les priorités lors des attributions de subventions.

La municipalité veillera à respecter elle-même cette charte.

Les subventions seront accordées préférentiellement aux petites entreprises, sans perdre de vue les objectifs de la charte sociale. Ces subventions se feront préférentiellement par une participation au capital ou par le prêt de locaux ou de terrains. Ainsi, en cas de rachat de l’entreprise ou de cession d’actifs, la municipalité regagne une part de l’aide fournie, voire effectue un bénéfice en mesure du « risque » pris. Et le départ d’une entreprise ne prive pas la ville des terrains et locaux mis en valeur.

Innovation

BMO comporte plusieurs entreprises - ou assimilables - de haute technicité, comme Thalès, Alcatel, SHOM, GESMA, DCN, CMB ou Ifremer. Ces entités, dont le fonctionnement peut être proche de l’industrie, sont susceptibles de rachat ou de délocalisation. La municipalité devra être vigilante quant à leur avenir, et lier les aides fournies à leur présence durable. Un contrat signé lors de l’attribution de l’aide garantira le remboursement total ou partiel de celle-ci si l’entreprise quitte le bassin d’emploi ou licencie.

Si une délocalisation générale de l’hôpital n’est pas à craindre, la municipalité doit veiller à ce qu’il dispose des moyens lui permettant d’assurer ses missions. Le rôle d’un service hospitalier est de pouvoir accueillir les patients de façon régulière, ainsi que leurs proches. La municipalité doit se battre pour que tous les soins lourds (comme les allogreffes) soient assurés sur le pays de Brest.

La présence de l’Université et de six établissements d’enseignement supérieur est un atout pour toutes les entreprises innovantes de la place brestoise et communautaire ; leur présence doit être pérennisée.

Stabilité dans les services

Les entreprises et nombre d’organismes publics délèguent leur tâches d’entretien des locaux et de restauration collectives. Ceci ce fait le plus souvent au prix de la qualité des emplois, et les personnes qui rendent ces services se retrouvent coupés des usagers, le plus souvent avec des contrats précaires et sous-payés.

La municipalité et la communauté urbaine doivent donner l’exemple en intégrant dans leurs effectifs les salariés affectés à ces tâches - ceci implique une gestion communale de la cuisine centrale. Elles doivent peser, via les représentants dont elles disposent dans leurs conseils d’administration et via les subventions qu’elles distribuent, pour que les autres employeurs de la région agissent dans le même sens.

Actuellement, la municipalité ne remplit ses obligations en termes de taux d’emploi de handicapés que par la sous-traitance à des établissements ou services d’aide par le travail. Elle devra veiller à intégrer ces travailleurs dans ses propres effectifs, en s’assurant de la présence des handicapés dans les divers services de la ville, sans les regrouper.

L’aide à domicile est souvent assurée par des employés très précaires. Notamment pour les aides subventionnées, la municipalité mettra en place un service public qui permettra de fournir ces aides à celles et ceux qui en ont besoin tout en assurant un emploi en CDI et à temps plein aux travailleurs de ce secteur. Elle s’assurera également que ces employés peuvent bénéficier d’une évolution de carrière et d’une évolution salariale dans ce cadre.

Artisanat plutôt que sous-traitance

Dans le cadre de grands projets, les artisans locaux se trouvent trop souvent comme simple sous-traitants d’un maître d’œuvre incarné par une multinationale du BTP. Ils n’ont ni l’accès à la marge bénéficiaire du chantier, ni de choix technique réel, et leur rôle perçu par la multinationale ressemble plus à celui d’un salarié jetable car sans contrat de travail.

Les appels d’offre seront rédigés de façon à ce qu’il soit possible à un collectif d’artisans d’y répondre, sans s’appuyer sur un acteur national ou international. La municipalité pourra soutenir l’émergence d’un tel regroupement en aidant à l’installation de la structure pérenne à la manière de ce qui se pratique déjà pour les start-up dans le cadre de l’incubateur du technopôle.

Accompagner le développement de l’économie sociale et solidaire

L’ESS (économie sociale et solidaire) est par nature une économie favorisant le développement d’emplois locaux, socialement utiles et, de plus en plus, respectueux de l’environnement. Les structures de l’ESS, comme les SCOP (coopératives ouvrières de production) ou les SCIC (coopérative d’intérêt collectif), sont pour certaines de taille modeste et nécessitent, au moins lors de leur création, un soutien logistique ou financier. La municipalité soutiendra alors la création du pôle de l’économie sociale et solidaire actuellement à l’étude qui aura notamment pour but de favoriser le développement de cette économie. Nouveaux services, nouveaux emplois

L’usine de méthanisation, la collecte des déchets verts et les expertises opérationnelles (réducteurs de flux pour l’eau, expertise énergétique des bâtiments) constitueront de nombreux emplois nouveaux, financés pour une large part par leur production directe (création d’énergie, réduction de coûts). La municipalité et la communauté veilleront à ce que ces emplois soient des emplois de qualité, et que ces nouveaux services – publics évidemment – respectent la charte sociale.

Nous soutiendrons l’installation de commerces de proximité ainsi que le mouvement associatif dans les quartiers et communes périphériques de Brest. Concentrer la vie économique et culturelle dans le centre-ville de Brest et les zones commerciales et industrielles transforme les autres lieux en de simples et tristes dortoirs.

DES EMPLOIS DURABLES

Énergie

Brest est une ville au bord de l’océan Atlantique, battue par les vents et la pluie. Elle a un rôle majeur à jouer dans la valorisation des énergies renouvelables.

Les marées et les courants marins sont une source d’énergie importante. Brest, qui combine l’expertise sur l’impact sur les milieux naturels, via l’Ifremer, avec une longue expérience de mécanique navale est un excellent lieu pour développer les options marémotrices ou hydroliennes sans tomber dans les travers commis dans l’estuaire de la Rance.

La houle formée par les vents est une force considérable, et des prototypes pour générer de l’électricité en l’utilisant sont testés en ce moment au large de l’Écosse et du Portugal. Brest pourrait accueillir la déclinaison française de cette industrie naissante.

Le vent fait partie des énergies abondantes, particulièrement en Bretagne. Il serait regrettable de transporter les futures fermes éoliennes sur 1500km. Dans le cadre du conseil général, nous inviterons les promoteurs de tels projets à veiller à ce qu’une part importante de la construction des éoliennes soit réalisée localement.

La Bretagne se caractérise par des pluies abondantes et un faible vallonnement. De plus l’habitat est très dispersé, et les terrains déjà dédiés aux activités agricoles. Il n’est donc pas réaliste de bâtir de grands projets hydrauliques. Par contre le territoire paraît adapté au développement de projet micro-hydrauliques pour des apports utiles aux réseaux. Dans le cadre du conseil général, nous inciterons les collectivités à mettre à l’étude de tels projets, et à s’en doter si les conditions sont favorables. Par ailleurs, le pays d’Iroise étant pauvre en nappes phréatiques, ces projets peuvent accroître les ressources d’eau disponibles pour les usages agricoles ou domestiques, faibles actuellement, mais qui peuvent apparaître avec les variations climatiques.

Faisons de Brest et du Finistère un pôle français pour les énergies renouvelables !

Filière de déconstruction de navires

Plusieurs épaves flottantes de la marine nationale encombrent la rade de Brest, et quelques dizaines les rejoindront bientôt. Le Clémenceau n’en est que le représentant le plus illustre. La ville de Brest demande à ce que la marine utilise une partie de l’arsenal pour mettre en place une filière de déconstruction de ses navires en fin de vie.

À terme, cette filière sera ouverte aux navires civils. La ville de Brest pèsera sur les règlements qui régissent le transport maritime pour qu’un navire qui aura effectué l’essentiel de sa carrière entre les ports "riches" ne puisse terminer sur une plage du tiers-monde où il n’est qu’un déchet dangereux pour les travailleurs locaux.

Pôle de surveillance maritime

Brest, à la pointe ouest de l’Europe continentale, est ouverte sur l’Atlantique nord. Elle dispose de tous les atouts pour devenir le siège d’une flottille de gardes-côtes européens, chargée de traquer les "voyous" des mers : dégazages, navires hors-normes, marins traités plus maltraités que ce que permettent les traités internationaux, trafics illégaux, etc. Brest peut fournir les infrastructures pour la construction, la maintenance, et le support opérationnel d’une telle flotte, dans le cadre d’une réorientation des missions de l’arsenal.

Isolations nouvelles adaptées au climat océanique.

La chauffage des habitations est une des sources principales d’émission de gaz à effet de serre. Des pays voisins, Allemagne en tête, progressent rapidement dans la qualité environnementale des habitations, en termes d’émissions par mètre carré habitable.

Il faut dans un premier temps développer l’offre de tels logements, en permettant à l’artisanat du pays de Brest de se former à ces techniques. Cela pourra se faire via la commande publique (BMH notamment), afin que par la suite ces possibilités soient ouvertes aux particuliers.

Dans un deuxième temps, la ville de Brest (ou le pays de Brest, plus largement, certaines entreprises ayant intérêt à se rapprocher des forêts ou des champs) se doit d’attirer des fabricants de matériaux isolants. Il peut s’agir d’unité de production d’entreprises préexistantes pour les isolants qui ne sont pas spécifiques à notre géographie, ou des entreprises innovantes pour s’adapter à nos vents et notre taux d’humidité.

Un agro-alimentaire de qualité

Si l’agriculture biologique se développe dans le Finistère - trop lentement, certes - il n’en est pas de même pour les filières de transformation. La municipalité se doit de soutenir la conversion aussi bien des paysans que des artisans ou industriels.

Les pollutions aquatiques sont essentiellement dûes à la pollution par les élevages hors-sols industriels. Dans le cadre de ses achats - via la restauration collective dont elle est garante - la municipalité veillera à appliquer des normes et des contrôles plus contraignants que la préfecture, afin de favoriser les bonnes pratiques. Elle s’assurera notamment que ces animaux auront été nourris par des aliments garantis sans OGM.

La municipalité veillera à devenir pleinement une zone sans OGM, en décourageant la production, la consommation et l’importation de plantes et aliments génétiquement modifiés. Si l’entreprise Cargill, principale importatrice de soja OGM du Finistère, n’est pas en mesure de s’approvisionner dans les filières garanties sans OGM, la municipalité assurera la reconversion de ses anciens salariés.

Les allergies et intolérances alimentaires sont un phénomène qui se développe de façon récente. La littérature l’a bien intégré, et les livres de recettes adaptés à ces intolérances foisonnent. L’industrie agro-alimentaire l’a intégré différemment : elle a prolongé ses listes d’ingrédients de "traces de ..." sans chercher à adapter ses produits. Des unités de production de format artisanal pourraient donner un nouveau souffle à l’agro-alimentaire finistérien, tout en répondant à un besoin de la population. La municipalité soutiendra les entreprises dont une part significative de la production s’adresse à des consommateurs allergiques et intolérants. Elle sera actrice pour la prévention de ces allergies, en limitant la pollution de l’air et l’usage des pesticides.

NB : le développement du cabotage est/sera traité dans la partie déplacements.


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