Le logement

mercredi 20 février 2008 par : Programme

La politique du logement doit tenir compte de la réalité sociale de notre ville : près de 4 000 Rmistes à Brest, soit 1/3 des Rmistes du département ; plus de 10 000 allocataires CAF vivant sous le seuil des bas revenus.

Dans ces conditions, la municipalité a pour responsabilité de permettre l’accès de tous à un logement de qualité et financièrement accessible, à travers le logement social et notamment le parc public. Le logement social a vocation à loger en priorité absolue les ménages qui ne peuvent accéder, dans des conditions correctes, au logement privé.

Brest ne connaît pas, et c’est bien un minimum, les campements de familles "sans-logis" que l’on peut voir dans certaines villes. Pour autant, nombre de demandes légitimes mettent bien trop de temps à être satisfaites. D’un point de vue quantitatif, l’offre peine à suivre la demande. Par ailleurs, les logements les plus récents du parc social ont des loyers trop élevés pour les ressources des ménages.

Le contexte est aussi marqué par la flambée des prix de l’immobilier et le désengagement de l’État : les aides à la pierre inscrites au budget de l’État ont baissé de 30 % entre 2000 et 2006.

Nos propositions :
  • Augmenter l’offre tout en maintenant au moins le taux actuel (un peu plus de 20 %) de logements sociaux à Brest, mais en supprimant du décompte les PLS (logements accessibles à des ménages à revenus suffisants pour se loger dans le privé) et les logements sociaux en accession à la propriété.
  • En cas de besoin, réquisitionner les logements vides.
  • Avoir une attitude active, au sein de BMO, pour que la mixité sociale concerne l’ensemble des communes de l’agglomération. Ceci passe la construction de logements sociaux dans celles qui rechignent à atteindre le seuil des 20 %. Pour autant, la municipalité de Brest ne devra pas tirer parti de cette évolution pour se désengager.
  • Choisir et mener les opérations de renouvellement urbain en fonction des réels besoins et en associant les habitants aux décisions. En cas de destruction nécessaire, reloger les ménages concernés, sans pour autant freiner l’offre pour de nouveaux demandeurs.
  • Supprimer progressivement le décalage entre les quartiers HLM anciens, à loyers peu élevés (qui risqueraient de devenir des "ghettos") et le parc plus récent, qui serait, du fait des montants des loyers, réservé aux ménages bénéficiant de revenus plus élevés. La mixité sociale doit être une réalité dans tous les quartiers et non un "trompe-l’œil".
  • Augmenter le nombre de logements d’urgence, actuellement insuffisant.
  • Répondre aux besoins (de logement, mais aussi d’autonomie vis-à vis des parents) des jeunes travailleur-se-s, souvent précaires, ainsi qu’à ceux des jeunes de moins de 25 ans qui, n’ayant pas d’emploi, se trouvent sans ressources.
  • Interdire les coupures de fluides (eau, gaz, électricité) aux personnes de bonne foi qui ne peuvent, en raison de leurs revenus, régler leurs factures.
  • Faire du projet des Capucins un exemple de mixité sociale et de qualité environnementale de l’habitat.

L’accession "sociale" à la propriété

Dans le contexte actuel, l’accession "sociale" à la propriété, présentée par certains comme un aboutissement évident ("une France de propriétaires !") peut parfois être une véritable tromperie. Elle risque d’amener à un endettement durable et insurmontable des ménages concernés car elle ne prend pas en compte les aléas de la vie et la réalité de la précarité et des bas revenus.

Quand il s’agit de vendre de façon privative des logements appartenant au parc public, faisant ainsi disparaître une partie du parc social, nous considérons que BMH dépasse, voire trahit, le rôle qui est le sien.

Il appartient à une municipalité de s’opposer à toutes formes de spéculation immobilière. Elle peut acquérir des terrains et les céder, mais sans passer pour autant par des promoteurs qui réaliseront, au passage, de juteuses plus-values.

La solution n.est pas de mettre le parc social (dont ce n’est pas la vocation) au service de l’accession à la propriété, mais de maîtriser le foncier, pour le mettre au service des habitants (entre autres les accédants à la propriété). Pour ce faire, nous étudierons des formes innovantes de lutte contre la spéculation immobilière et foncière en nous inspirant de réalisations existant à l’étranger (Suisse, Suède).

Nous pourrons notamment encourager la création de coopératives d’habitant-e-s en vendant à des projets collectifs des terrains à moindre coût.



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