L’eau, bien commun vital et fragile
mercredi 20 février 2008 par : Programme
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L’eau n’est pas une marchandise et ne doit pas l’être, comme c’est le cas à Brest. Nous n’acceptons pas que des intérêts privés gèrent ce bien commun et en tirent des profits, au détriment des usagers, de la collectivité et des milieux naturels.
Selon la DGCCRF [1], l’eau privatisée est de 20 à 27 % plus chère, sans parler des sur-bénéfices liés aux travaux effectués par des filiales. Au cours du 1er semestre 2006, les bénéfices de Veolia environnement augmentaient de 40,3% (760 millions d’€). Pourtant la gestion privée "à la française" est présentée comme un modèle dans le monde !
BMO est liée à CEO-Veolia par un contrat d’affermage pour la production, la distribution et l’assainissement de l’eau, selon une décision du conseil communautaire prenant effet le 1er avril 1987, pour 25 ans !
Contre la confusion qui a cours entre les factures d’eau et l’impôt local, rappelons que ces services relèvent de budgets indépendants du budget général. BMO a augmenté sa part du prix de 10 à 12%, à partir du 1er janvier 2008. La part de Veolia a été également revue à la hausse, selon des calculs alambiqués. Ainsi en 20 ans, le prix du m3 d’eau potable est passé de 1,40 € à 3,22 €, soit + 130 % (80 % hors inflation), sans transparence sur le coût réel !
- Pour satisfaire aux besoins vitaux, par un volume d’eau gratuite par jour et par personne (40 l) ;
- pour mettre en place un comité des usagers privilégiant une véritable concertation ;
- pour se fixer des objectifs de qualité de l’eau distribuée supérieurs aux normes actuelles ;
- pour accélérer le changement des branchements en plomb et cesser l’exposition aux polluants ;
- pour réduire les fuites dans les réseaux ;
- pour inciter aux économies par un tarif progressif pour les gros consommateurs ;
- pour responsabiliser et faire payer les entreprises à la hauteur de la pollution de leurs activités ;
- pour montrer l’exemple, statuer sur la faisabilité d’équiper des bâtiments sous responsabilité communale en toilettes sans eau.
Un audit financier et un inventaire indépendant du patrimoine (réseaux..) sont déterminants pour demander des comptes à Veolia et préparer l’avenir. Le retour en régie publique est impératif. Et il y a urgence, car il doit être préparé plusieurs années avant la fin du contrat. Des exemples existent à Grenoble et à Cherbourg.
C’est possible à BMO.
Quid d’une Société d’Economie Mixte (SEM) ?
Si la collectivité en est actionnaire majoritaire, elle fait tout de même appel à des capitaux, d’où des prises d’intérêts privés, et s’appuie sur une externalisation du travail technique. Par leurs compétences, des agents publics ont su assurer leurs missions jusqu’en 1987, date à laquelle il ont été contraints de demander un détachement vers la CEO. L’inverse est possible : le retour des fonctionnaires et l’intégration des personnels privés à BMO dans des conditions salariales non pénalisantes.
Les enjeux de l’alimentation en eau potable ne se limitent pas au territoire de BMO, car ils concernent notamment le bassin versant de l’Élorn.
Pour répondre aux normes, il est actuellement question d’améliorer l’usine de production d’eau potable de Pont-ar-bled. Mais cette fuite en avant technologique n’est pas une réponse satisfaisante aux pollutions intensives et chroniques, notamment agricoles, des rivières et des nappes phréatiques.
À l’heure où le partage de la ressource en eau est crucial dans le Finistère, nous ne devons plus accepter les réponses exclusivement curatives.
Au lieu de renoncer, en fermant des captages et en augmentant les prélèvements là où les seuils de potabilisation sont acceptables, une vraie politique de lutte préventive doit être menée. Ainsi, le périmètre de protection de la ressource en eau brute sur l’Élorn, en amont de Pont-ar-bled, doit être mis en place et le contrat de baie doit être réactivé et suivi d’effets.
[1] Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes
