Les services publics
mercredi 20 février 2008 par : Programme
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La collectivité doit assurer à toutes et tous l’accès aux besoins fondamentaux dans le cadre d.un service public de qualité. La politique tarifaire doit donc répondre à ces droits des Brestois-es dont beaucoup trop sont en situation de difficulté financière insoutenable. Le service public doit aussi assurer un rôle de répartition des richesses.
La transparence financière, la maîtrise des tarifs et la qualité des services ne doivent pas être entravées par des calculs commerciaux et la rémunération d’actionnaires.
La réappropriation des biens communs que sont l’eau, les transports en commun, la restauration scolaire et collective passe par un retour à une gestion publique directe, c’est-à-dire une régie simple.
Si nous n’oublions pas une exigence de bonne gestion des deniers publics, nos politiques sauront dépasser les seuls critères ou indicateurs financiers, afin d’atteindre des objectifs communs. En matière de transports, l’intérêt collectif d’une diminution de l’usage de la voiture fera écho à la nécessité de déplacements pratiques et à un prix attractif. Une baisse radicale des tarifs dans un premier temps à 5 € par mois pour tous ouvrira l’étude de la gratuité à moyen terme.
Le personnel retrouvera un statut public dans la cuisine centrale. Pour le bien des papilles et des finances publiques, il sera mis un terme à tout recours à une délégation de service public pour les repas.
L’ensemble de la filière déchets sera géré directement par la collectivité à savoir, en plus de la collecte, l’exploitation de l’usine de traitement (de méthanisation à terme) et du réseau de chaleur.
A côté de ces réappropriations, d.autres services publics seront développés et défendus notamment pour atteindre nos objectifs d’égalité femmes-hommes :
- Un service de la petite enfance adapté et tendant vers la gratuité est une nécessité sociale. Le recours à une assistante maternelle est souvent d’un coût trop élevé pour certaines familles, ce qui conduit un des parents, en majorité les mères, à interrompre leur activité professionnelle. Le nombre de places en crèche sera donc augmenté pour apporter une solution de garde publique à toute demande. Les possibilités d’intégration au sein de la municipalité des assistantes maternelles volontaires seront étudiées et appliquées.
- Parallèlement à la défense de l’école laïque, les moyens périscolaires seront renforcés au travers des conventions avec les structures associatives de quartier.
- Pour les personnes âgées et/ou dépendantes, le rôle de la collectivité est de faire en sorte que soit respecté le choix du maintien à domicile ou d’accueil en équipement collectif.
- En matière de logement social, nous défendrons le maintien de BMH (Brest Métropole Habitat) dans le giron public et nous userons de tous les outils possibles contre la spéculation immobilière galopante sur le territoire.
- Nous nous battrons contre le désengagement de l’État pour que l’hôpital dispose des moyens d’assurer sa mission, et notamment que tous les soins lourds, comme les allogreffes, puissent être réalisés dans le Pays de Brest.
- Nous lutterons pour que l’Université puisse bénéficier de moyens publics suffisants pour développer un enseignement et une recherche de qualité.
SEM (société d’économie mixte)
La majeure partie de la droite et de la gauche préconise la mise en place d’une SEM pour la gestion de l’eau.
Si la collectivité en est actionnaire majoritaire, la SEM dépend du droit des sociétés et permet de passer des contrats en dehors de la sphère du droit public. Ces outils d’une privatisation non assumée détournent les services publics de leur finalité d’intérêt général.
Personnes âgées
Face au défi démographique que représente le vieillissement de la population en France, il est impératif de trouver des solutions. Les seniors sont la mémoire de notre société, ils doivent y trouver leur place. Vivre et vieillir dans la dignité est un droit pour chacun-e. Un panel de solutions lié au degré de dépendance et aux souhaits des personnes concernées, doit être proposé.
Le premier objectif est le maintien à domicile dans les meilleures conditions possibles. Pour cela, un réseau d’aide, piloté par la municipalité et accessible à tous doit être mis en place : auxiliaires de vie convenablement formés et remunérés, système de soins à domicile (infirmières, médecins, kinés...), location de téléalarme, téléassistance, subventions pour adapter le logement à la dépendance de la personne. Il faut soulager les familles souvent livrées à elles-mêmes.
Il est également important de permettre aux personnes âgées de maintenir des liens sociaux, en favorisant notamment leur intégration dans le réseau associatif.
Le second objectif est une prise en charge de qualité dans des établissements spécialisés :
- Développement des foyers / logements qui doivent répondre à des situations de dépendance partielle avec pour objectif de maintenir la plus grande autonomie possible des personnes.
- Les maisons de retraite et les longs séjours ne doivent pas être des sources de profits pour des investisseurs privés. Il est urgent qu’un grand service public du 4e âge se mette en place, afin de créer des établissements à “taille humaine” avec du personnel en nombre, suffisamment formé et rémunéré.
- La maltraitance et la perte d’autonomie des personnes âgées sont souvent liées aux mauvaises conditions de travail dans les maisons de retraite ou de long séjour.
Prévention / santé
La municipalité a un rôle clé à jouer dans la promotion de la santé. Une politique efficace de prévention et d’information peut permettre une certaine maîtrise des dépenses de santé sur le long terme et une augmentation du niveau de santé. Des centres médico-sociaux au plus près de la population permettraient un meilleur accès aux soins, notamment des plus démunis, la prévention des facteurs de risque, le dépistage précoce des grandes pathologies et le traitement d’affections de plus en plus négligées (dentition, vue).
Nous serons vigilants quant aux conséquences sanitaires de la pollution, qu’elle provienne de l’automobile, des solvants, des ondes électromagnétiques ou des aliments (les produits dangereux seront notamment exclus de l’entretien et du mobilier des bâtiments municipaux, crèches, écoles). Une attention particulière sera portée à l’environnement de travail des employés des sites à risques.
La politique de répression menée contre les usagers de drogues est un échec. Il est important de créer et soutenir les structures d’accueil légères. Des informations objectives sur les drogues, le matériel stérile et les traitements de substitution seront disponibles.
La promotion de la contraception et l’accès à l’IVG doivent également être une priorité.
Brest et BMO : zones hors AGCS !
Organisation Mondiale du Commerce (OMC), Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS), voilà des sigles trop peu évoqués dans le débat public. Pourtant les décisions prises par cette instance internationale qu’est l’OMC, en l’absence de tout débat citoyen, nous concernent directement.
Engendrée sous la pression de milieux d’affaires, la machine AGCS a pour but d’atteindre la dérégulation totale des services et de mettre un terme à ce qui fonde notre service public
Une illustration : aujourd’hui la ville subventionne des activités comme l’accueil des enfants et le soutien scolaire après l’école. Avec l’AGCS, toute entreprise de cours privé pourrait réclamer une aide équivalente.
Brest et BMO doivent s’élever contre ces processus antidémocratiques dont les conséquences sont dramatiques pour la planète et donc les êtres humains. Elles doivent rejoindre le réseau des collectivités déclarées “zones hors AGCS”.
