Démocratie

mercredi 20 février 2008 par : Programme

La démocratie est pour nous un enjeu essentiel. La démocratie participative ne se réduit pas à un simple processus d’écoute et de consultation : les hommes et les femmes doivent être acteurs des décisions qui les concernent et la population doit pouvoir exercer son contrôle sur les décisions des élu-e-s. La gestion des affaires publiques ne doit pas être confisquée par des professionnels qui n’ont aucun compte à rendre. La politique doit donner aux citoyen-ne-s les moyens de changer la société, notamment en matière économique.

Nous soutiendrons et nous nous appuierons sur les luttes pour la reconnaissance des droits fondamentaux au travail, à l’éducation, à la santé, au logement, à un environnement de qualité. Nos élu-e-s seront en première ligne dans les mobilisations contre les licenciements, contre les coupures d’eau ou d’électricité, contre les expulsions.

Dans tous les domaines (social, environnemental, services publics, aménagement du territoire, culture et sports) nous prendrons en compte la dimension féministe, partie intégrante de notre conception de la démocratie.

Nous démocratiserons les Conseils de Quartier, dont le nombre pourra augmenter : ce sont les Conseils actuels qui détermineront comment ils doivent se scinder. Assemblées citoyennes, comités thématiques, nous favoriserons tout ce qui permet d’enrichir la concertation, de favoriser le débat contradictoire dans le respect des diversités et toujours dans l’intérêt du plus grand nombre.

La démocratie exige des moyens : nous veillerons à ce qu’associations, syndicats, partis, collectifs (droits des femmes, chômeurs, sans-papiers.) disposent, selon leur spécificité, en toute transparence, des moyens nécessaires à leur autonomie, favorisant ainsi la vie sociale et le pluralisme.

BMO et Pays de Brest

BMO, ou le Pays de Brest, se sont construits sans intervention des populations. Nous souhaitons que ces regroupements de collectivités, aux pouvoirs croissants, soient gérés par des Conseils élus au suffrage universel direct et proportionnel et que les recrutements de salariés se fassent au sein du Pays de Brest dans le respect des règles de transparence des Collectivités territoriales.

Nous favoriserons l’emploi statutaire des personnels des collectivités et nous nous opposerons au recours aux emplois précaires et à l’externalisation. Un audit devra être fait concernant les conséquences pour les personnels communaux de leurs transferts vers BMO.

Les élu-e-s

Les élu-e-s ne doivent bénéficier d.aucun privilège, ils doivent rendre des comptes et diffuser l’information municipale aux électeurs. Nous sommes opposés à tout cumul : un seul mandat exécutif, et pas plus de deux mandats consécutifs.

Le débat démocratique

Sillage doit aussi servir à refléter le pluralisme et s’ouvrir davantage aux tribunes libres et au courrier des lecteurs. Toutes les grandes décisions doivent être précédées de débats. Le nombre de panneaux d.expression libre et non commerciale devra être augmenté ; celui des panneaux d’agression publicitaire sera lui fortement réduit.

Consultation

Soit à l’initiative de Brestois-e-s (conditionnée au recueil d’un nombre significatif de signatures), soit à l’initiative de l’équipe municipale, des consultations pourront être organisées sur des sujets en rapport avec la politique municipale, un tel vote impliquera une information objective et plurielle préalable.

Brestois-e ou immigré-e : égalité des droits

Nous soutenons le combat des Réseaux de soutiens aux sans papiers, et apporterons l’aide dont ils ont besoin contre les expulsions, pour leurs droits, pour leur régularisation. De nombreux habitants de notre commune ont le droit de se faire exploiter au travail, payent des impôts, et pourtant n’ont pas le droit de vote, par le seul fait qu’ils ne sont pas nés dans le "bon" pays.

Favorables à l’égalité des droits entre français et immigrés, nous soutiendrons toute mobilisation qui ira dans le sens de leur droit à être électeurs. Nous exigeons le droit de vote pour les immigrés. Nous soutiendrons la lutte des sans papiers pour leurs droits.

Laïcité

Instrument de mixité sociale, valeur de tolérance, la laïcité est partie intégrante du combat pour la démocratie, elle doit être défendue partout et en toutes circonstances. Tout l’effort doit être porté sur l’enseignement public gratuit. Contrairement à ce que fait la municipalité actuelle nous limiterons le financement de l’enseignement privé au strict cadre défini par la loi. École publique et école privée (confessionnelle ou à but lucratif) ne sont pas deux réseaux scolaires à traiter de la même façon.

Vote papier

Les études scientifiques se multiplient pour remettre en cause les ordinateurs de vote, plusieurs villes viennent d’y renoncer, la municipalité actuelle s’entête à maintenir ce mode de scrutin, qu’elle a imposé sans débat préalable. Or aucun recomptage n’est possible, nous devons faire une confiance aveugle à la machine. Personne ne reçoit la preuve que son vote est bien pris en compte. Le doute existe. Pour le retour à la confiance nécessaire à la bonne tenue d’une élection et par principe de précaution il faut un moratoire. Nous exigeons le retour au vote papier, nous abandonnerons totalement les ordinateurs de vote


Lutte contre les discriminations

Notre municipalité sera un point d’appui pour les luttes contre les discriminations racistes, sexistes ou l’homophobie (campagne de sensibilisation ou relais dans les médias municipaux...).

Fichage des enfants

L’inscription des élèves à l’école primaire se fait désormais en mairie et dans une “base élèves”. La constitution d’un tel fichier comportant des renseignements sur le parcours scolaire et les difficultés éventuelles de l.enfant est porteuse de graves dérives liberticides. Notre municipalité refusera de renseigner ce fichier.

Handicap

Nous revendiquons la justice et l’égalité de droit pour les personnes handicapées et non la charité. La dignité exige de permettre aux handicapé-e-s et aux personnes à mobilité réduite la plus grande facilité d’accès aux transports collectifs, aux bâtiments, aux services publics (adaptés aux mal-entendants et mal-voyants), aux loisirs, aux mêmes droits que toutes et tous.

Pour le respect de la tranquillité de tous

Chaque citoyen a droit à la sécurité et au respect. L’absence de participation à la vie de la cité, l’exclusion sociale par le chômage, la difficulté de la vie dans la précarité et la montée de la misère peuvent favoriser une certaine désespérance.

Le capitalisme est un système violent, il génère de la violence au quotidien, détruit les solidarités au profit de l’individualisme. L’absence de dialogue et de rencontre entre les générations ou les cultures génère souvent la peur de l’autre. La vie en société impose des règles, mais la répression n’est pas la solution pour les faire respecter. Nous sommes opposés à toute police municipale à laquelle nous préférons une police nationale de proximité. Nous nous opposons également à la vidéo-surveillance, coûteuse, inefficace et dangereuse pour les libertés.

Les lois Sarkozy qui veulent faire des éducateurs des "indics", ou qui veulent faire jouer au maire un rôle de shérif ne sont pas acceptables. Le Dispositif de Réussite Éducative accepté et mis en place par la municipalité, risque de stigmatiser les familles en difficulté et introduit une notion dangereuse, celle de “secret partagé” entre les travailleurs sociaux.

Il faut au contraire prendre des mesures significatives en matière de prévention, s’attaquer à la précarité, refuser les ghettos sociaux en favorisant la mixité sociale, développer les instances de médiation, augmenter le nombre d’éducateurs et d’animateurs sociaux, que tous les quartiers soient pourvus de services publics, de commerces de proximité, de lieux de vie sociale et culturelle, de rencontre et d’échange. Nous aurons des politiques volontaristes en communication non-violente à l’aide de formateurs relais en direction des enfants, adolescents et adultes.

Des Conseils de Quartiers qui permettent une démocratie locale effective et participative

Avec seulement six Conseils de Quartier pour 150 000 habitants, une municipalité qui oriente fortement l’ordre du jour et qui communique sur les dossiers qu’elle choisit, les Conseils de Quartiers ne peuvent pas être acteurs et encore moins outils d’une démocratie qui pourrait être bien plus participative et partagée. La loi sur laquelle s’appuie l’existence de ces Conseils fixe un minimum. Nous proposons d’aller bien au-delà de ce minimum !

Le nombre des Conseils de Quartier doit être augmenté et s’appuyer sur une base géographique cohérente afin de renforcer leur lien avec les habitant-e-s. Leur fonctionnement doit être rendu plus démocratique par une modification de leurs méthodes de travail : élaboration collective des ordres du jour des réunions, afin notamment que des besoins sociaux, culturels, spécifiques, non ou mal pris en compte, soient discutés ; dates et lieux des réunions rendus publics et participation ouverte (comme pour le Conseil municipal) ; accroissement de la place des citoyen-ne-s par rapport aux “personnes qualifiées” ; rotation de la présidence des réunions, invitation ou non des élu-es à participer aux réunions.

Nous proposons que cet effort vers une démocratie locale plus effective et participative s’appuie aussi sur un élargissement des prérogatives des Conseils de Quartier : un budget participatif élaboré, décidé et contrôlé par ces Conseils sera motivant pour assurer la participation du plus grand nombre et permettra de définir les choix prioritaires pour et par les intéressés eux mêmes ; droit d’avis sur l’ordre du jour des Conseils municipaux et des assemblées de BMO ; mise en place de groupes de travail pour les sujets importants (schéma de déplacement urbain, gestion et tarifs des services publics, Fête de la mer de Brest ; collecte des bio-déchets ;...).

Nos élu-e-s mettront ces mesures en oeuvre pour que la démocratie locale soit plus participative et moins de façade !

Premier tour, deuxième tour, fusion

Pour qu’un programme politique ait un sens, il faut qu’il soit défendu devant les citoyen-ne-s, et soumis à leur vote. S’il est ridicule de présenter plusieurs listes ayant le même programme, il est impossible à deux programmes différents de cohabiter sur une même liste au premier tour. Les équilibres ne doivent pas être décidés dans un couloir, mais être arbitrés par le scrutin direct des citoyen-ne-s.

Ceux qui défendront le programme de La Gauche debout ! ne seront légitimes dans un conseil municipal que parce qu’ils représentent des citoyen-ne-s, sur des propositions rendues publiques.

Le mode de scrutin nuit à la représentation des citoyen-ne-s au sein du conseil municipal. Plus il y a de listes de gauche au deuxième tour, et plus grand est le risque que la droite l’emporte avec une minorité d’électeurs. Nous ne voulons pas d’une victoire de la droite pour Brest. Au second tour, nous proposerons aux autres listes de gauche une fusion "technique", non pas sur la base d’un programme commun ni sur un engagement et à une solidarité de vote, mais pour permettre une représentation plus fidèle des citoyen-ne-s de gauche.

Cette proposition est la seule qui puisse assurer une dose de proportionnelle au niveau local, proportionnelle réclamée par tous les partis de gauche au niveau national. Si une telle fusion nous est refusée et si nous dépassons 10%, nous serons contraints de nous maintenir au deuxième tour.

Finances municipales

Le débat sur le budget communal doit porter sur le choix des dépenses comme sur la nature et le niveau des recettes, ce que le système de financement actuel interdit à beaucoup de communes. Chacun doit contribuer au financement de l’action communale en fonction de ses ressources. Nous nous prononçons pour une vaste réforme des impôts locaux :

  • Les bases de taxes foncières, profondément injustes, doivent être révisées pour répondre aux objectifs de justice sociale et de lutte contre la spéculation immobilière.
  • La taxe professionnelle doit intégrer la valeur ajoutée réalisée par les entreprises.
  • La taxe d’habitation doit être proportionnelle aux revenus.
  • La fiscalité locale doit prendre en compte les enjeux environnementaux.
  • Les communes doivent avoir la liberté de fixer leur taux d’imposition.

Nous nous opposons au désengagement financier constant de l’Etat et nous nous prononçons pour des dotations de l’État proportionnelles à la démographie et compensant les inégalités territoriales.

Nous refusons le dogme de la baisse des impôts qui se fait au détriment de la qualité du service public.


Forum

  • Bulletin de vote
    24 février 2008, par Chris Perrot

    Comme vous le savez, ce n’est pas un candidat qui se présente en son nom propre lors de l’élection municipale mais bien d’une liste de candidats. Dois-je comprendre qu’en qualité de candidats vous allez exigez que TOUS les noms des membres de votre liste figurent sur le bulletin de vote de "Pour Brest, la gauche debout" ?

    Vous avez compris, pour cette élection municipale le Code électoral vous permet de revendiquer ce droit. Voir la dernière circulaire ministérielle de madame Alliot Marie concernant l’utilisation des ordinateurs de vote pour ce scrutin. Ce document informatif rappelle que "...la commune doit consulter OBLIGATOIREMENT chaque candidat ou liste de candidats ou leur représentant pour recueillir leur accord sur le dispositif envisagé... (.../...) "

    La balle est dans votre camp. Vous avez la possibilité de refuser que les ordinateurs de vote NEDAP opaques et invérifiables soient utilisés pour ce scrutin.


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