Réponses à Ouest-France

mardi 4 mars 2008 par : Bahar Jamshidi Bourhis , Benoist Deschamps , Céline Mandon , Erwan Quélennec

Navigation rapide

Comment imaginez-vous la ville en 2014 ?

La situation politique brestoise a évolué et la fin de notre mandat approche. L’eau est dorénavant publique, de qualité, économisée et moins chère car gérée par " la gauche debout ", en concertation avec les usagers. Pour autant, M. Prunier boit de l’eau en bouteilles pour ne pas pénaliser les multinationales. M. Pellicano, campé rive droite, re-visionne la saga des bronzés. Et M. Cabon fait toujours le siège sur le pont de Recouvrance, feignant de ne savoir choisir entre la rive droite et la rive gauche de Brest. Deux fois par jour, il salut M. Cuillandre adjoint au sport juché sur son vélo de fonction.

Tout le monde semble d’accord sur la nécessité d’une salle de type Zénith à Brest. Alors, quand et où ?

La construction d’un Zénith n’est pas pour nous une priorité. Deux structures de ce type dans le nord Finistère ne sont pas indispensables. Le parc de Langolvas à Morlaix ne répond-il pas déjà au besoin ? Pour un certain nombre de grands projets, il faut savoir raisonner à l’échelle d’un territoire plus vaste et rompre avec une logique de compétition trop souvent source de gaspillage. Nous préférons dans ce cas favoriser, pour s’y rendre, les transports collectifs à très bas prix et sécurisants à l’image de ce qui est fait l’été pour les festivals de la Région.

Pensez-vous que le projet de reconstruction des halles Saint-Louis redynamisera le secteur Siam ?

Le chantier des Halles Saint Louis est bien mal engagé : en délégant en sous-traitance sa gestion future à une Société d’économie mixte (SEM), la municipalité a fait le choix d’en faire une opération avant tout rentable et non pas au service des commerçants et des habitants du quartier.

La priorité doit être la possibilité pour le petit commerce de pouvoir exister dans le quartier, pas celle de faire venir une grande enseigne. La reconstruction des halles St Martin aurait pu davantage tenir compte de l’avis des commerçants mais au moins la ville est restée propriétaire. Pourquoi ne pas en faire de même ?

Trouvez-vous normal la suppression des bureaux de police dans les quartiers ?

La suppression des bureaux de police dans les quartiers relève de la politique du ministère de l’Intérieur, en partie dans le but d’inciter à la mise en place d’une police municipale et d’une extension de la vidéosurveillance.

Or, les commissariats de quartier peuvent être utiles s’ils apportent une proximité au service des victimes d’agressions, dans le cadre d’une police nationale qui doit voir ses fonctions orientées dans ce sens, et non pas être utilisée contre les sans papiers et contre celles et ceux qui luttent.

Quelle gestion future de l’eau à Brest ?

Cédée au privé il y en 20 ans, son prix a augmenté de 130% alors qu’en régie publique elle est, en moyenne, 25% moins chère.

Nous refusons le montage financier de Société d’Economie Mixte que prônent certains, même à gauche, qui reste soumise à une logique de profit et détourne le service public de l’intérêt général. Pourquoi introduire le loup privé dans la bergerie publique ? Il est impératif de revenir à une gestion publique comme l’ont fait Grenoble ou Cherbourg, et de mener une vraie prévention avec un périmètre de protection sur l’Elorn et un contrat de baie efficace, plutôt qu’une fuite en avant technologique.

Faut-il supprimer ou aménager la carte scolaire brestoise ?

La suppression de la carte scolaire est présentée comme une solution miracle pour instaurer une véritable mixité sociale à l’école, or ce n’est pas le cas. Elle risque même d’aggraver encore les inégalités. La municipalité doit réfléchir en amont à la mixité sur le plan de l’urbanisme. C’est à travers sa politique de construction des logements sociaux notamment, qu’elle permettra l’existence de quartiers riches de leur diversité. Ainsi la carte scolaire maintenue pourra-t-elle jouer le rôle positif qui doit être le sien.

Face à la diminution constante des effectifs de police nationale, est-ce qu’une police municipale a sa place à Brest ?

Nous sommes contre la mise en place d’une police municipale, comme de la vidéosurveillance, qui auront un impact sur les impôts locaux, et ne règleront en rien le droit à la tranquillité. Les candidats de droite proposent ces dispositifs, tout en promettant une diminution d’impôts voire un allègement de la taxe professionnelle ! N’est-ce pas se moquer des Brestois-es ? De plus, on observe avec inquiétude une militarisation de la police municipale dans certaines agglomérations, et ce n’est pas avec un pistolet électrique (ou Taser) que le courant passera entre police et population !

Quel avenir pour les Fêtes maritimes ?

Elles ont permis aux Brestois-es de découvrir une partie de la ville tout en donnant une large place aux associations dans l’animation et l’organisation de la fête. Cette insertion dans la vie locale conditionne leur succès et leur rayonnement. Elles doivent cesser leur évolution commerciale, réintégrer davantage le tissu associatif et rendre leur accès libre au lieu d’un “ péage ” illégal sur le domaine public qui engendre des passe-droits illisibles et injustes. Le télescopage avec l’armada de Rouen est regrettable. Sur ce point comme sur d’autres nous préférons le partenariat à la compétition entre territoires.

Comment vous positionnez-vous en terme de développement durable ?

Nous proposons de répondre à l’urgence écologique par des mesures économes en énergie et créatrices d’emplois locaux telles que la construction de logements sociaux sains et sobres en énergie et en eau, le développement des transports en commun (voies réservées, tarif à 5€/mois pour tous) et des transports doux (parc public de vélos).

Nous collecterons les déchets biodégradables qui alimenteront une usine de méthanisation, pour sortir de l’incinération. La taxe sur les ordures ménagères sera remplacée par une redevance, non pénalisante pour les revenus modestes, incitant à réduire les déchets.

Au port de commerce, comment concilier activités portuaires et espace de vie, de détente ?

Le partage de l’espace au port de commerce se conçoit avec les perspectives d’activités et d’emplois nouveaux, liés aux énergies renouvelables marines, au cabotage et gardes côtes … Le développement des transports en commun, notamment avec l’axe nord/sud et la rive gauche de la Penfeld ouverte aux civils, facilitera l’accès à ce quartier. Cette évolution, allant de pair avec une diminution du nombre de voitures de transit, améliorera les cheminements piétons et à vélo. Un marché à l’année participera à l’animation, en plus d’une forte éclosion des arts de la rue dès le printemps.

L’État réduisant de plus en plus ses subventions aux équipements et aux troupes conventionnées, comment des collectivités territoriales peuvent-elles prendre le relais, et avec qui ?

La collectivité a un rôle déterminant à tenir en soutien à la création dans ce foisonnement culturel brestois dont font partie les « conventionnés ». En outre, la politique locale doit être un facilitateur d’accès à l’offre par un « pass » et la mise en place de liens pédagogiques forts avec les quartiers et les écoles. Cependant, Brest et BMO n’ont pas à pallier les coupes budgétaires au plan national, l’atteinte au statut des intermittent-es, ou à se plier à des stricts critères d’audience. Des états généraux de la culture élaboreront une politique lisible, portée par tous les acteurs et fédérant les énergies.

L’ex-Clemenceau, est-ce vraiment une occasion perdue ?

Pour nous, la bataille pour une filière de déconstruction des vieux navires à Brest reste pertinente. Il serait aberrant et risqué de renvoyer le Clemenceau ailleurs. C’est d’abord à l’Etat de prendre la décision politique de faire de Brest un pôle de déconstruction, que nous voulons socialement et écologiquement exemplaire. Mais, les responsables politiques locaux doivent aussi peser fortement dans ce sens. Brest a le savoir faire, un cadre adapté et surtout des personnels (DCNS) compétents pour démarrer sans tarder une telle filière, créatrice d’emplois et très utile pour l’environnement.

L’école peut-elle toujours accueillir les enfants de deux ans ?

L’école peut et doit accueillir les enfants de deux ans. C’est l’une des conditions pour que l’égalité des chances devienne enfin une réalité. Cet accueil doit tenir compte des besoins et des rythmes des jeunes enfants. Il est essentiel qu’ils soient accueillis dans les meilleures conditions : faible effectif, locaux adaptés, rythme de la journée, présence d’ATSEM en situation pérenne avec l’enseignant(e), afin que l’école ne soit pas générateur d’angoisse pour l’enfant, dans cette période de transition, mais sécurisant et permettant son épanouissement et ses progrès.

A l’heure du regroupement des cliniques, faut-il transférer l’hôpital Morvan à la Cavale-Blanche ?

es cliniques privées sont par nature dans une logique de rentabilité financière. L’hôpital public n’a pas à s’aligner sur les mêmes critères de gestion d’autant que le site de Morvan présente l’intérêt d’être au cœur de la ville, ce qui permet une offre de soins au plus près la population. Il est par contre scandaleux que la politique de santé actuelle favorise autant les cliniques privées qui profitent des soins les plus rentables mettant l’hôpital public, condamné aux soins les plus lourds, dans une situation financière dramatique, selon un déficit budgétaire sciemment organisé.

Comment favoriser l’arrivée de nouvelles entreprises ?

Brest doit se tourner vers la mer, en harmonie avec elle : nous développerons le cabotage, promouvrons une filière de déconstruction de navires et l’accueil de garde-côtes européens, et soutiendrons les énergies renouvelables marines (houle, marées, etc.). Un pôle de l’économie sociale et solidaire favorisera la création de coopératives locales, et les appels d’offre feront une large place aux artisans, notamment pour l’isolation des logements. L’agro-alimentaire sera incité pour aller vers plus de qualité, aidé pour le passage au bio et à l’adaptation aux allergies alimentaires.

Sur le sujet de « l’emploi et l’économie », suite à l’interview du vendredi 15 février

La région brestoise, comme le reste du pays, est marquée par une montée de la précarité. Nous élaborerons une charte sociale, faisant des CDI et du temps plein la norme, et limitant la sous-traitance et l’externalisation ;elle veillera à la qualité des conditions de travail, à l’égalité femmes-hommes et à la place des personnes handicapées. Les subventions et les marchés publics appliqueront cette charte et la collectivité montrera l’exemple en réintégrant ses services externalisés.

Nous rendrons les appels d’offre accessibles aux artisans par exemple en matière de logements économes en énergie. Nous soutiendrons l’économie sociale et solidaire, et les commerces de proximité. Les nouveaux services publics, comme l’usine de méthanisation, créeront de nouveaux emplois, auto-financés.

En terme d’activités nouvelles, une filière de déconstruction accueillera les navires militaires puis sera étendue aux navires civils. Nous ferons aussi de la ville un pôle pour les énergies renouvelables marines (houle, marées, courants …) de la recherche à la fabrication. Nous inviterons l’Europe à choisir Brest pour une flottille de garde-côtes européens.

Nous réorienterons l’industrie agro-alimentaire vers plus de qualité par la suppression des OGM, et donc leur importation, desnormes plus restrictives pour les fournisseurs de viande (conditions d’élevage, utilisation des déjections) ; un soutien aux entreprises qui traitent des allergies alimentaires ; un soutien à la filière bio, de la production à la transformation.

Croyez-vous toujours à de l’activité économique civile en fond de Penfeld ?

Il nous apparaît essentiel qu’une activité civile soit possible en fond de Penfeld, comme la fabrication d’un prototype d’ « Hydrolienne » actuellement au Bâtiment en Fer de DCNS. Nous proposons d’ouvrir des négociations entre la marine, DCNS, l’état et la municipalité sur le développement d’activités de déconstruction des navires et de construction neuve (flottille de garde côte).

Si, à notre grand regret DCNS est aujourd’hui une entreprise privée, l’Etat est encore l’actionnaire majoritaire et peut donc influer sur ses choix pour que l’emploi et l’activité navale perdurent en fond de Penfeld.

Est-ce que le projet des Capucins permettra d’inverser la tendance démographique, actuellement à la baisse ?

Le site des Capucins est une opportunité pour développer un urbanisme qui soit en prise avec les besoins sociaux en terme de logements et les urgences écologiques en matière d’énergie notamment, sans s’en tenir à un vernis verdâtre. Ce projet constitue donc un moyen de re-densifier la ville centre en lien avec des transports en commun conséquents et attractifs pour les résidents, ainsi que pourles usagers des équipements culturels. Bien sûr il ne saurait suffire pour inverser la tendance à la fuite démographique qui touche Brest.

La Ville manque-t-elle d’équipements sportifs ?

Nous mettrons en avant le sport de loisirs, de détente et accessible à tous. Pour ce faire, nous reverrons la répartition des salles spécialisées. Les terrains de sports collectifs devront être plus nombreux pour que les éducateurs puissent accueillir les jeunes dans des conditions acceptables. De plus, la salle Jean Gueguenniat ne peut à elle seule masquer la vétusté du parc sportifs brestois, ce qui implique un chantier conséquent de rénovations des structures actuelles. Les équipements qui ne pourraient être partagés ne recevront pas d’argent public. Ce serait le cas du terrain central d’un éventuel futur stade.



Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Municipales 2008  Suivre la vie du site Prises de position   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2b + ALTERNATIVES

Creative Commons License