Pour un service public des déplacements urbains
vendredi 29 février 2008 par : Christophe Osswald , Hubert Casel
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La question des déplacements concerne de plus en plus de secteurs. Elle ne peut se réduire, ni à la seule gestion des moyens de transport pris isolément, ni au débat tram / pas tram. Il y a derrière des enjeux urbains, sociaux, écologiques qui nécessitent à la fois une approche globale ou grand angle et une prise en compte minutieuse des besoins des habitants. La création d’un grand service public des déplacements, avec d’emblée une dimension participative forte, intégrant la gestion directe du réseau de transports en commun et celle de la voirie, aurait ainsi toute latitude et souplesse pour élargir son champ d’action à d’autres modes de déplacements, soit encore marginaux comme le vélo, soit non pris en compte comme les piétons. Ce service public unifié, dont les conseils de quartier seraient partis prenantes, pourrait ainsi expérimenter d’autres formes de transports au plus près des besoins des habitants. Il serait ainsi à même de mettre en place l’inter modalité dont on parle tant : combinaison tram ou bus / vélo / train / cars CG29, et, dans une certaine mesure, voiture individuelle, via des parkings relais sécurisés.
Objectif principal
Développer et promouvoir les modes de transports collectifs comme les déplacements doux (à pieds, à vélo), afin de permettre la diminution de l’usage de la voiture individuelle tout en contribuant à l’amélioration du droit au transport pour toutes et tous.
Objectif sous-jacent
Passer de la “ville pour la voiture” à la “ville pour ses habitants et ses usagers”.
Comment
Développer et favoriser tous les autres modes de déplacement à consommation d’énergie "nulle" ou très faible, en favorisant l’utilisation d’énergie renouvelable le cas échéant.
Densifier les transports collectifs autour d’axes en sites propres quel que soit le moyen retenu (bus, tramway, busway … )
Réorganiser la ville autour de rues sécurisées et attractives où cohabitent piétons, cyclistes et transports collectifs.
Mettre en place une politique tarifaire incitative, telle que l’usage des transports collectifs soit le plus avantageux.
Autour de ces propositions et à l’occasion du renouvellement du PDU (plan de déplacement urbain), mettre en place une réelle concertation participative.
Les modes doux : piéton, vélo, …
recherche et aménagement de zones piétonnes dans chaque quartier dont l’espace sera délimité en lien direct avec le réseau de transport en commun, sous la co-responsabilité du conseil de quartier et de la municipalité.
développement de pedibus pour l’accompagnement scolaire des enfants,
sécurisation des déplacements à vélo pour les routes actuelles et adoption d’une obligation d’aménagement de piste cyclable pour tout nouvel aménagement et notamment des ronds points (points noirs pour la sécurité des cyclistes).
équipements adaptés et en nombre pour le stationnement des vélos,
lancement d’un parc public de prêt de vélos intégrant ceux à assistance électrique pour prendre en compte le relief de la ville. Ce parc public, indépendant de toute régie publicitaire, serait mis en cohérence avec des points relais et les arrêts de transport en commun. Un service serait mis en place prioritairement autour des facs. La tarification serait progressive selon la durée.
mise en place d’une passerelle vélo/piéton du boulevard Jean Moulin au plateau des Capucins, qui serait un relais du parc de vélos public,
organisation de parcours ludiques de vélos (route et VTT) dans les quartiers associées à de la prévention ;
préparation d’un code de la rue qui de fait se substituerait au code de la route (priorité décroissante aux piétons, cyclistes, transports collectifs et véhicule individuel ; généralisation des contre-sens cyclables, avec marquage au sol et aménagement de la voirie par mesure de sécurité ; ...).
Les transports en commun
1) le mode de gestion
Œuvrer au retour à une gestion publique directe dans le cadre du grand service public des déplacements. Ce mode de gestion permettrait non seulement la maîtrise des coûts et donc des tarifs, mais aussi celle de la répartition géographique, des horaires et de l’inter modalité.
2) le réseau de transport
Travailler sur le plan du réseau de bus pour une offre réellement incitative (enquête usagers et non usagers sans logique gestionnaire). Densité du réseau, répartition géographique, horaires “ atypiques ” et en période de vacances scolaires, personnes à mobilité réduite, bonne synchronisation avec les autocars du CG29 et la SNCF. Œuvrer pour le maintien et l’amélioration de la liaison ferroviaire Brest-Quimper. Permettre l’intermodalité bus/vélo, en autorisant les vélos dans les bus à certains horaires et/ou sur certaines lignes.
Accélérer la fin de la mise en place de la ligne nord sud en site propre (c’est-à-dire voie protégée et/ou réservée) de l’hôpital de la Cavale Blanche au port de commerce via la gare : ce projet est initié depuis plus de 15 ans ! L’étendre jusqu’au Moulin Blanc et plus généralement développer les voies réservées pour les transports en commun.
Expérimenter une ligne de bus inter-quartiers, passant notamment dans ceux peu ou mal desservis avec des bus plus petits mais une fréquence de passage plus élevée. Ces lignes ne traverseraient pas systématiquement le centre-centre,
Négocier avec la marine l’utilisation des rives de la Penfeld pour aller directement de Bellevue au port de commerce,
Expérimenter la gestion de (petits) transports collectifs gérés par les structures d’animation des quartiers ;
Geler le projet de tramway le temps d’approfondir une alternative à base de bus à haute qualité de service (guidage optique, ...) sur la base d’une ligne est-ouest. Si cette alternative, trop vite écartée en 2004, permet effectivement de réduire les coûts sur cette ligne sans nuire au service, les sommes récupérées seraient utilisées pour réaliser un même type de ligne dans l’axe nord sud, de l’hôpital de la Cavale Blanche jusqu’au Moulin Blanc en passant par les facs, la gare et le port de commerce. À l’issue de l’étude, les différentes options seront présentées aux habitants et le choix final sera décidé par un vote organisé à l ’échelle de la communauté urbaine.
Nous serons attentifs à limiter la spéculation immobilière aux abords des nouvelles lignes en site propre.
Nous étudierons la possibilité et l’intérêt de mettre en place une navette « fluviale » allant de Bellevue au Moulin Blanc par la Penfeld et les ports de commerce et de plaisance. Nous étudierons également la possibilité et l’intérêt d’un funiculaire entre le port et le centre-ville.
3) la politique tarifaire :
Les trois quarts du coût du transport en commun sont actuellement financés par la collectivité. Nous revendiquons à terme l’extension du financement collectif au dernier quart en portant entre autre le versement transport au taux maximum autorisé par la loi. Cette mesure, déjà mise en place avec succès dans quelques villes, permettrait un développement radical de l’utilisation des transports en commun tout en garantissant le droit au transport pour toutes et tous. Dans l’immédiat nous défendons :
la diminution des tarifs à court terme avec la mise en place de cartes à coupon mensuel à 5 euros pour toutes et tous,
l’expérimentation de lignes à tarifs zéro sur une ligne structurante.
D’autres mesures …
Ces points n’ont été validés que postérieurement à l’AG consacrée aux déplacements.
mesure financière incitative pour les personnes qui rapprocheraient leur logement de leur lieu de travail.
étudier la faisabilité de rendre le tarif du stationnement en ville proportionnel à la pollution du véhicule (la mise en place à Londres et le projet à Amsterdam tendent au moins à prouver que la Loi communautaire ne l’interdit pas).
faire rouler les bus de la ville au biogaz (qui pourrait également être produit localement par l’usine de méthanisation) ou à tout autre énergie minimisant l’impact sur l’environnement (excluant donc les nécro-agrocarburants"),
favoriser la mise en place d’une société (coopérative type SCIC où la municipalité serait partie prenante) d’auto-partage (ex. : à Lyon, Strasbourg,...)
suppression des « véhicules de fonction », c’est-à-dire à usage personnel, à BMO ;
choix de « véhicules de service » moins polluants.
Christophe Osswald
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