L’habitat de nos aîné-e-s

samedi 24 avril 2010 par : Porte-Voix

La question du logement des personnes âgées devrait obliger la collectivité à élargir la notion de mixité sociale. Il ne s’agit pas seulement de mélanger à l’instant "t" tout type de population mais d’intégrer le vieillissement de tous les types de population vivant ensemble.

Le politiquement correct consiste à prôner le maintien des personnes à domicile. Côté jardin il s’agit de répondre au souhait des premiers concernés mais côté cour il s’agit aussi de laisser à la sphère privée le soin de répondre à cette question. Le vieillissement de la population est suffisamment mis en avant pour justifier d’une manière absurde l’augmentation de l’âge de départ à la retraite en faisant totalement abstraction du chômage des jeunes. Il devrait l’être tout autant quand on aborde la politique du logement.

Le Programme Local de l’Habitat (PLH) 2008-2013 prévoit que le vieillissement de la population, marqué aujourd’hui en zone côtière, concernera davantage la communauté urbaine. Et cette évolution touchera aussi les plus de 85 ans, particulièrement concernés par les problèmes d’autonomie.

Ces dernières années ont déjà connu une forte progression de cette tranche d’âge qui s’est traduite par une forte pression sur les établissements d’accueil collectif. Les récentes transformations en Ehpad (établissements pour personnes dépendantes) de plusieurs résidences brestoises, avec les multiples problèmes de qualité d’accueil et de conditions de travail pour le personnel, sont certainement la conséquence directe à la fois d’un manque de prévision et de sous investissement.

Avant même que la question de l’extrême dépendance n’arrive, il existe toute une période où se combinent des enjeux de socialisation qui passent par l’aménagement des habitats, qu’il est préférable d’intégrer en amont (largeur de porte, accès divers …), l’intégration dans un quartier avec une proximité des services, l’accès au transports collectifs... et bien sûr un minimum vieillesse digne, au moins égal au SMIC. Le maintien à domicile, ainsi socialisé, est certainement une réponse mais il ne résout pas forcément la question de la solitude.

L’hébergement collectif avec un minimum de services communs qui pourraient être autogérés est une piste qui se révélera d’autant moins théorique et expérimentale que l’habitude du vivre ensemble aura été prise avant. De ce point de vue la prise en compte « positive » et publique du vieillissement de la population peut nous amener à reconstruire des solidarités à toutes les étapes de la vie. Deux écueils sont ainsi à proscrire, le renvoi à la sphère privée qui revient à laisser fonctionner le marché qui exclut toujours et/ou, ce qui constitue l’autre facette, la gestion administrative de la vieillesse via des centres d’hébergement collectifs déshumanisés où règne trop souvent la règle des 6 minutes par chambre pour le personnel ! Il s’agit d’une triste réalité qui anéantit bon nombre de discours et de belles intentions.



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