Capter le méthane : lutter contre l’effet de serre et produire de l’énergie renouvelable
mercredi 4 mars 2009 par : Porte-Voix
Si le CO2 est le principal gaz à effet de serre, il n’est ni le seul ni le plus nocif, loin s’en faut. En 2005 la France a « produit » 341 Mt (millions de tonnes) de CO2 et 2,65 Mt de méthane (CH4). Or sur 100 ans l’effet d’une tonne de méthane équivaut à l’effet de 25 tonnes de CO2. Pire encore : si l’on raisonne à 50 ans, le méthane agissant beaucoup plus vite, alors l’équivalence double ! On passe alors à (2,65Mtx25x2) 132,5 Mt d’équivalent CO2 !
Sachant qu’il faudrait diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 dans les pays industrialisés, il semble urgent de prendre en compte les émissions de méthane, qui, à cette échéance, représenteront en France près de la moitié de la production de CO2 !
Or le méthane émis vient entre autres des décharges, des boues des stations d’épuration, des effluents d’élevages, des industries agro-alimentaires, des déchets organiques... Son captage est susceptible de fournir autant de sources d’énergies alternatives à moindre coût, réellement renouvelables, décentralisées et participant d’une manière intelligente au traitement des déchets. Plusieurs pays européens et quelques villes françaises se sont déjà engagés sur cette voie. Ainsi BMO pourrait progressivement mettre un terme à l’incinération des déchets, néfaste pour la santé, en organisant la collecte des déchets organiques et en investissant dans une usine de méthanisation.
La méthanisation (ou décomposition sans oxygène) d’une tonne de déchet vert en compost produit environ 400kg de résidu organique, et jusqu’à 600kg de méthane (si cette dégradation se produit en milieu aéré, il s’agit du processus de compostage qui produit essentiellement du CO2 à la place du méthane). Ce méthane vivra une douzaine d’années dans l’atmosphère où il contribuera fortement à l’effet de serre, puis se transformera en CO2 pour continuer cette activité pendant un bon siècle.
Réalisé dans une usine de méthanisation, les 600kg de méthane pourront être brûlés sur place, avec un rendement bien supérieur à celui d’une usine d’incinération pour produire de la chaleur et/ou de l’électricité ou encore alimenter des bus roulant au "biogaz", comme à Lille.
Dans les deux cas, le méthane initialement produit ne contribuera à l’effet de serre que sous forme de CO2, idéalement en quantité moindre que celle absorbée par les plantes à l’origine des déchets verts utilisés.
Porte-Voix
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Capter le méthane : lutter contre l’effet de serre et produire de l’énergie renouvelable3 juin 2009, par pirouetteVous mentionnez dans votre article l’expérience tentée à Lille de bus alimentés au biogaz. Le lien fourni est cependant erroné. Pourriez-vous corriger ce lien afin de pouvoir en savoir plus sur ce projet ?
