Nous éliminons, ils incinèrent et polluent, pardon ils valorisent !

mercredi 4 mars 2009 par : Porte-Voix

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Pourquoi le gouvernement dit-il « encourager activement la valorisation énergétique des déchets ménagers et assimilés » ? Il est vrai qu’en terme de communication, parler de "valorisation" incite à bien percevoir le progrès technique sans réserve et insuffle une bonne bouffée de positivité. Comme dans le cadre de la directive européenne du 18 juin 2008, les décideurs suivent le vocabulaire fixé par les entreprises qui ont capté ces services publics.

En France, ce sont 134 incinérateurs pour 43 % des déchets ménagers. Notre usine, elle, est située au Spernot, entre Bellevue et Lambézellec, et reçoit des déchets de communes au delà de BMO. Ainsi en 2005, 54 470 tonnes ont été incinérées (environ 50 % des déchets) dont une part de matières fermentescibles qui pourraient être compostées. Mais la "bête" a besoin d’être nourrie !

La notion de mise en valeur s’explique par exemple par la production d’énergie, à partir du brûlage des déchets, qui peut être utilisée pour chauffer de l’habitat. Mais delà à parler d’énergie renouvelable ou d’énergie verte, ce serait abuser ! d’autant plus si le réseau est défectueux. En réalité, ce choix de traitement est plutôt lourd de conséquences sanitaires, environnementales et économiques. L’incinération entraîne le rejet de polluants dans l’atmosphère par les fumées et produit des résidus toxiques (30% des produits traités) dont 24% de mâchefers et près de 3% de déchets ultimes (REFIOM). Les mâchefers ne sont pas inertes et pourtant BMO les compte globalement comme des matériaux utilisables. Cela permet d’améliorer les chiffres du « plan d’élimination des déchets » mais cela relève de l’hypocrisie technico-économique en matière de recyclage.

Des usagers et citoyens ne s’y sont pas trompés notamment à Plabennec et Gouesnou, où le projet d’unité de maturation est critiqué, non sans motifs déjà entendus sur la concertation à la mode BMO : information tardive, difficulté d’accès aux études, refus de répondre aux questions. Certes, ces produits parcourent actuellement des km pour être traités du côté de Caen mais doit-on mettre en place et pérenniser une telle filière ?

Pour les fumées, les normes durcies depuis 15 ans environ ont conduit à une division par 6 des rejets de dioxines entre 1995 et 2004 (source MEDD [1] mai 2005), mais parallèlement les quantités brûlées ont augmenté. Le cabinet « service public 2000 » pronostique une stabilisation de la réglementation sur ce point. Par contre d’autres polluants pourraient être touchés par de nouvelles obligations.

D’ores et déjà, les travaux de mises aux normes du traitement des fumées du Spernot clos en 2005 correspondent à une somme de 15 459 000€. Et selon BMO, la DRIRE se satisfait des 1ères analyses suite à la mise en service. On pourrait donc se satisfaire financièrement que les textes ne soient pas plus contraignants. Mais que dire alors de l’exposition d’êtres vivants à des substances toxiques en attendant que la réglementation évolue ?

Un moratoire est demandé par un collectif de médecins et scientifiques. Ils rappellent notamment le rapport récent de l’Institut National de Veille Sanitaire qui alarme sur l’incidence des cancers apparus près d’incinérateurs entre 1990 et 1999.

Malgré quelques crédules convaincus du virage écologique de l’UMP, le « Grenelle de l’environnement » a vite enterré le moratoire sur la construction des incinérateurs. Tout de même, comme une reconnaissance des critiques envers cette technique, un accord prévoierait de diminuer la quantité des déchets qui seront incinérés et de créer une TGAP sur l’incinération ; TGAP avec un "P" comme Polluante !

Repérage compétences

La gestion des déchets par exemple de Brest, est une compétence communautaire (BMO). Le plan d’élimination des déchets est une compétence du Conseil général.

La Société d’Economie Mixte Locale « Sotraval » gère l’usine du Spernot. La société « Gerval » l’exploite. « Sotraval » détient 49 % de « Scorvalia » qui serait le gestionnaire de la plate-forme de maturation des mâchefers. Les 51 % restants sont de « Eurovia » (constructeur de routes et utilisateur potentiel de mâchefers).

Si vous suivez encore ( !), M. Polard est vice-président de BMO aux finances / président de Sotraval / conseiller général en charge de la politique des déchets.

Qui mène campagne de sensibilisation pour diminuer la production de déchets ? Qui est pour la sortie de l’incinération ?

[1] Ministère de l’Environnement et du Développement Durable



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